Open Banking pour l’Afrique : Leçons à tirer du marché mondial

L’Open Banking révolutionne l’univers des services financiers â travers le monde et présente de nombreuses opportunités de transformation et d’inclusion financière en Afrique. Toutefois, les marchés africains doivent tirer parti des succès et échecs des expériences d’autres marchés et adopter d’ores et déjà la nouvelle génération de services financiers, l’Open Banking.


L’Open Banking, dans lequel les banques partagent certaines données via des interfaces de programmation d’applications (APl) sécurisées, permet de développer une gamme de services financiers numériques que les clients peuvent utiliser pour effectuer plus facilement des transactions, gérer leurs finances et avoir un accès total à toutes leurs données.


L’Open Banking ouvre la voie à une meilleure expérience client et une plus grande transparence dans le secteur bancaire. Les fournisseurs de services financiers étant autorisés à utiliser ces données sans avoir créer des espaces de stockage de données, ils peuvent s’adapter rapidement aux nouvelles tendances et offrir des services nouveaux et uniques aux clients.

Fintech et la transformation des services financiers


Dans les pays développés, la fintech contribue à transformer funivers des services financiers existants, tandis qu’en Afrique, il s’agit de permettre l’inclusion financière, permettre l’accès aux services financiers au plus grand nombre de populations n’y ayant pas accès. Face à cet enjeu l’Open Banking peut jouer un rôle clè.


L’Open Banking favorisera la transformation des services financiers numériques en donnant aux consommateurs le pouvoir de posséder et de partager leurs données tout en permettant aux fournisseurs de services financiers de tirer parti de ces données pour offrir des capacités améliorées au marché.


En Afrique comparativement à l’Europe par exemple, de nombreuses banques et fintechs travaillent en étroite collaboration ce qui leur permet de transitionner plus rapidement vers un environnement Open Banking à travers l’ensemble de l’écosystème des services financiers africains. L’Afrique a désormais la possibilité de s’appuyer sur l’expérience d’autres marchés qui adoptent déjà l’Open Banking, et d’adopter un modèle plus efficace sur les marchés du continent.


La réglementation de l’Open Banking


Toutefois, l’expérience acquise dans le monde entier prouve que la réglementation de l’environnement est capitale. Sans réglementation, le marché pourrait est dominé par un seul et même acteur où les régulateurs ou l’écosystème des services financiers seraient, par conséquent, limités dans l’introduction d’une réglementation ou contrôle des initiatives d’Open Banking sur ce marché.


En revanche, dans l’Union européenne, la directive sur les services de paiement 2 (DSP2) qui fut introduite l’année dernière oblige les banques à fournir aux fournisseurs de services d’information sur les comptes et fournisseurs de services d’initiation de paiement tiers un accès aux comptes de leurs clients par le biais d’API ouvertes et ce, afin de créer des services financiers. La législation met ainsi fin au monopole des banques sur les services financiers en les soumettant à une nouvelle concurrence et donc à l’urgence d’innover les services mais aussi, à des coûts supplémentaires potentiels.


Pour les clients, cette directive apporte la liberté de gérer leurs finances avec l’application ou le fournisseur de services de leur choix. Cependant, l’une des failles de la DSP2 est l’absence d’une norme claire pour l’authentification sécurisée.


L’Afrique peut initier son propre programme d’Open Banking pour éviter les écueils déjà rencontrés dans d’autres marchés. Le choix et l’égalité des chances sont les finalités souhaitables de l’Open Banking, l’émergence d’un monopole ou l’érosion des banques ne le sont pas.


Alors que l’Afrique se prépare à adopter l’Open Banking, c’est le moment opportun pour les banques et les fournisseurs de services financiers de collaborer pour approcher les régulateurs et ce, afin que soient mises en place des réglementations mutuellement bénéfiques à travers l’écosystème. Il est également important d’envisager des normes uniformes pour les API, la sécurité et l’authentification avant l’adoption généralisée de l’Open Banking.


Sécurité et authentification pour l’Open Banking


La sécurité et l’authentification sont parmi les composantes clés de l’Open Banking. Elles permettent de garantir que chaque transaction numérique soit correctement authentifiée, que la prévention et détection des fraudes puissent se faire, mais aussi d’obtenir un consentement formel au partage des données des consommateurs dans l’écosystème.


La mise en place de normes pour les formats d’API est également importante car elles permettraient d’exploiter le potentiel de l’Open Banking qui offre une intégration et un développement simples. Compte tenu du potentiel considérable d’innovation et des opportunités développement des services financiers que représente l’Open Banking, les acteurs africains doivent agir rapidement pour créer un environnement correctement régi, bénéfique pour tous, sûr et pratique pour les consommateurs.

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