GIMACPAY : combien de revenus digitaux votre institution laisse-t-elle encore sur la table ?

Introduction  :

Pendant des années, le discours sur les paiements en Afrique francophone a regardé vers l’Ouest. C’était une erreur de perspective, car aujourd’hui, c’est l’Afrique centrale qui dispose de l’écosystème d’interopérabilité le plus abouti de la sous-région. Sous l’impulsion de la BEAC et de l’instruction 001/GR/2018, le GIMAC a déployé GIMACPAY, un système convergent carte, mobile et transfert d’argent dès juillet 2020. Là où l’UEMOA n’a lancé sa plateforme interopérable PI-SPI qu’en septembre 2025, la CEMAC opère un réseau pleinement fonctionnel depuis plus de cinq ans, capable, fait inédit sur le continent, d’envoyer des fonds depuis un wallet CEMAC vers le reste de l’Afrique grâce au service de remittance sortante. 

L’infrastructure existe, elle est mature, régulée, certifiée. Et pourtant, l’essentiel de sa valeur reste inexploité. 

GIMACPAY :

Le GIMAC est l’épine dorsale du paiement dans les six pays de la CEMAC, son rôle étant de garantir que les acteurs financiers communiquent entre eux de façon sécurisée, standardisée et conforme aux normes régionales. 

En 2025, GIMACPAY affiche une maturité que peu de marchés africains peuvent revendiquer : 124 participants (58 banques, 12 établissements de paiement, 14 institutions de microfinance, 37 agrégateurs, 2 Trésors publics et la Banque centrale), 37 millions de wallets mobiles et 2 millions de comptes bancaires connectés, plus de 66 millions de transactions cumulées. Le mobile money y est devenu le moteur central : selon la BEAC, près de trois transactions sur quatre passent désormais par les porte monnaie électroniques. 

124

Participants à GIMACPAY en 2025 (banques, établissements de paiement, IMF, agrégateurs, Trésors publics)

37

Wallets mobiles connectés

625

FCFA traités de janvier à septembre 2025

60

Des adultes d’Afrique centrale encore exclus du système financier formel

Sources : BEAC, Global Findex 2025, AfricaNenda. 

Le système ne se limite plus aux transferts. Il intègre le QR code interopérable GPAY, le retrait sanscarte, l’acceptation marchande, les passerelles vers les réseaux internationaux (Visa, Mastercard, UnionPay), et depuis janvier 2025, la remittance sortante vers d’autres pays africains. Sur ce dernier point, la CEMAC est en avance non seulement sur l’UEMOA, mais sur la plupart des écosystèmes mondiaux. 

La vraie question pour une banque, une microfinance, un opérateur ou une fintech n’est plus « faut-il s’y connecter ? », mais « combien de revenus digitaux suis-je en train de laisser sur la table en attendant ? ». Le verrou n’est donc pas technologique, il est au niveau de chaque institution : sebrancher proprement à cet écosystème, et transformer cette connexion en services concrets et monétisables. 

Le vrai sujet n’est plus l’interopérabilité, c’est l’activation

Voici le paradoxe de la CEMAC. L’infrastructure est commune et performante, mais son usage reste extraordinairement concentré. 

En 2024, le Cameroun pesait à lui seul 65,1 % des comptes mobile money de la zone et 57 % de la valeur des transactions, selon le rapport BEAC sur les services de paiement. Le Congo arrivait deuxième en volume. Le Tchad, la RCA et la Guinée équatoriale représentaient, ensemble, moins de 2 % du volume des transactions. 

Cette concentration n’est pas un signe de saturation, c’est exactement l’inverse. Elle révèle un gisement de croissance considérable dans les marchés encore sous-équipés. Les chiffres de l’inclusion financière (données BEAC retraitées à partir du Global Findex) le confirment crûment : un taux d’inclusion d’environ 49 % au Congo et 47 % au Cameroun, mais seulement 6 % au Tchad et 4 % en RCA. Côté accès à un compte mobile money, l’écart est tout aussi parlant : 69 % au Cameroun, 51 % au Congo, mais 24 % au Tchad et 4 % en RCA. 

Autrement dit : l’infrastructure pour servir ces populations existe déjà. Ce qui manque, ce sont des institutions capables d’activer rapidement des services adaptés, là où la demande est massive et l’offre quasi inexistante. 

Lecture par pays : où se trouve réellement la croissance

Cameroun : le moteur à défendre. Premier marché de la zone, le plus mature, le plus concurrentiel. Ici, l’enjeu n’est pas l’accès mais la différenciation : enrichir l’offre (paiements marchands, facturiers, ponts bank-to-wallet, taxes) avant que les concurrents ne le fassent. Chaque service que vous n’offrez pas, un autre participant GIMACPAY peut le proposer à vos clients dès demain. 

Congo : la dynamique de rattrapage. Deuxième marché en volume, avec une inclusion déjà supérieure à 50 % et une croissance soutenue du mobile money. C’est le marché où une offre interopérable bien pensée peut capter une part de marché en pleine structuration, avant qu’il ne se referme. 

Tchad : le greenfield à fort levier. Avec 6 % d’inclusion financière et 24 % d’accès à un wallet, le potentiel est presque entièrement devant nous. La clé d’entrée n’est pas le smartphone, c’est l’USSD, le réseau d’agents cash-in/cash-out etun parcours d’enrôlement qui fonctionne hors connexion. 

RCA : le marché pionnier. 4 % d’inclusion : le pays part quasiment de zéro. Les premiers acteurs à proposer des servicesfinanciers fiables, accessibles sans data et conformes à GIMACPAY y construiront une position de référence durable. Le coût d’entrée n’a jamais été aussi bas, parce que l’infrastructure régionale porte déjà l’essentiel de la complexité. 

Guinée Equatoriale : le marché à bâtir presque intégralement. ~11 % d’inclusion, ~1 % d’accès à la monnaie électronique. Économie pétrolière très dépendante du cash, marché de niche mais où la prime au premier entrant reste entière. 

Gabon : le marché le plus digitalisé, à valoriser. ~90 % d’accès à la monnaie électronique (le taux le plus élevé de la zone), ~48 % d’inclusion. Marché mûr et urbain : l’enjeu n’y est pas l’accès mais la montée en valeur (services premium, paiements marchands, fidélisation). 

L’USSD : le canal stratégique que tout le monde sous-estime

Dans une grande partie de la CEMAC, particulièrement au Tchad et en RCA, la réalité du terrain ne ressemble pas aux centres urbains du Cameroun ou du Gabon. Les téléphones basiques restent majoritaires, la connectivité data est fragile, les coupures d’électricité fréquentes. 

Une stratégie « mobile app only » exclut, de fait, la majorité de la population de ces marchés. C’est précisément la réponse à l’objection que beaucoup d’institutions s’opposent à elles-mêmes : « nos clients ne sont pas assez digitaux. » Ils n’ont pas besoin de l’être. Une institution connectée à GIMACPAY via une interface USSD peut proposer des virements interopérables instantanés à des clients sans smartphone ni connexion data. 

L’approche gagnante n’est ni le tout-app ni le tout-USSD : c’est un écosystème unifié qui combine les deux, avec une expérience cohérente, un enrôlement KYC possible hors ligne, et la même fiabilité sur réseau instable. C’est cette logique offline-first qui sépare les projets qui passent à l’échelle de ceux qui restent des pilotes urbains. 

Ce que change concrètement la certification GIMAC de Myriad

Alors que les usages digitaux progressent à grande vitesse, les acteurs financiers de la région se heurtent à des obstacles structurels récurrents, auxquels la certification GIMAC permet précisément de répondre, quel que soit l’opérateur ou le type de service. 

Myriad est certifié GIMAC, rejoignant la liste des acteurs capables d’opérer des services financiers interopérables au sein de la zone CEMAC. Cette reconnaissance valide la conformité de notre plateforme aux standards de GIMACPAY. 

Voici ce que nos partenaires gagnent immédiatement : 

  • Une connexion unique à l’écosystème : un seul point d’intégration pour accéder à l’ensemble des participants du GIMAC, sans multiplication des développements. 
  • Des services de paiement 100 % interopérables : les utilisateurs effectuent leurs transactions sans se soucier de leur banque, de leur portefeuille mobile ou de leur opérateur. 
  • Une mise en marché accélérée : des services activables en quelques semaines, contre plusieurs mois via des intégrations unitaires. 
  • Des coûts techniques et opérationnels fortement réduits : un seul flux, un seul protocole, une seule maintenance. 
  • Une infrastructure sécurisée et conforme : conformité réglementaire, gestion des risques et stabilité des services alignées sur les standards régionaux. 

L’un des avantages clés : une seule intégration avec Myriad ouvre une cascade de services, sans repartir de zéro à chaque lancement. L’essentiel des briques d’un écosystème financier moderne devient déployable au rythme de votre stratégie : 

  • Cash-in / Cash-out via un réseau d’agents distribués 
  • Bank-to-Wallet / Wallet-to Bank pour créer des ponts entre comptes bancaires et porte-monnaie mobiles 
  • Paiements & décaissements de masse 
  • Paiement de factures (eau, électricité, TV, internet) et connexion aux facturiers 
  • Paiements marchands par QR code, USSD ou application 
  • Remittances domestiques et internationales, dans la zone et au-delà 
  • Airtime & data, paiement des taxes, retrait DAB sans carte 
  • KYC offline et banque mobile sans internet pour atteindre les zones mal connectées 

Chacun de ces services répond à un besoin réel et génère de nouveaux revenus. C’est là que se rejoignent l’intérêt commercial et l’impact : les marchés les moins inclus sont aussi ceux où chaque nouveau service crée le plus de valeur. 

Les 3 questions que chaque institution de la CEMAC doit se poser maintenant

1. Quels services laissez-vous à vos concurrents faute de connexion? 

L’écosystème GIMACPAY compte déjà plus de 120 participants actifs. Chaque mois sans offre interopérable est un mois pendant lequel un concurrent propose à vos clients ce que vous ne pouvez pas encore offrir. Il n’y a pas de deadline sur la pression concurrentielle. 

2. Votre stratégie couvre-t-elle réellement vos marchés cibles ou seulement les villes? 

Si votre roadmap repose uniquement sur une application smartphone, vous excluez de fait la majorité du Tchad et de la RCA, et une part importante du Congo rural. La question n’est pas « app ou USSD », mais « comment offrir les deux dans un écosystème unifié, avec un enrôlement qui fonctionne hors connexion ? » 

3. Combien de temps et de budget votre stack actuelle exige-t-elle pour lancer un service de plus? 

Si la réponse se compte en mois et en multiples intégrations, c’est le signe qu’une connexion unique pré-certifiée vous ferait gagner l’essentiel : du temps, de la conformité et des coûts. La vitesse d’exécution est, dans ces marchés, un avantage concurrentiel décisif. 

Conclusion

La CEMAC dispose d’un atout rare: une infrastructure d’interopérabilité mature, régulée et déjà capable de transferts transfrontaliers et interafricains. Le travail le plus lourd, la plateforme régionale, la conformité, les passerelles internationales, est donc derrière nous. 

Ce qui reste à construire, c’est l’activation : transformer cette infrastructure commune en services concrets, accessibles, monétisables, jusque dans les marchés où l’inclusion financière démarre à peine. Les institutions qui le feront dans les prochains mois ne cocheront pas une case. Elles construiront leur socle de croissance pour les cinq prochaines années et prendront position là où la concurrence n’est pas encore arrivée. 

Vous êtes une banque, une microfinance, un opérateur ou une fintech en zone CEMAC ? 

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